MALEDICTIONS ET MAUVAIS ESPRIT à HENGEL’EAU
24/05/06

Fabienne MigoutFabienne Migout nous raconte son expérience à la course de l'UEM Women Cup à Hengelo...:

" MALEDICTIONS ET MAUVAIS ESPRIT à HENGEL’EAU…


Le départ se fait déjà dans un rythme de course, puisqu’il me faut descendre à ALBI avec FRED pour rejoindre notre druide et chef mécano, afin de charger le camion ensemble.
Les préparatifs ont été faits le week-end dernier en équipe au garage de YVES, et le tout s’est un peu arrosé au champagne ; voilà ce que j’appelle une équipe soudée !!!

Ainsi, nous chargeons jeudi, en aménageant un espace dodo pour assurer les relais conduite-dodo dans de bonnes conditions.
Nul besoin d’être sur place trop tôt, puisque les essais libres sont le samedi matin, et les qualifs l’après-midi !
Départ effectif donc le jeudi soir, pour PARIS, ou nous passons récupérer notre CLAIRETTE (clown internationale !).

La distance d’ALBI à HENGEL’EAU est de 1300 km sans se perdre, nous décidons donc de dormir dans le camion en bas de chez CLAIRE. Cela nous permet de scinder la route en 2 et de partir à l’aventure dans de meilleures conditions, surtout pour lire les panneaux hollandais…
Le continental circus international se remet donc en route au petit matin du vendredi.
Le gros avantage de ce camion en plus du confort dodo, c’est impossible de se prendre un radar même à l’aspi dans une descente
Avec le vent dans le dos !

Nous arrivons tranquillement en début d’après-midi à HENGEL’EAU (HENGELO de sa vrai orthographe…) sous une pluie et un vent fort de « bienvenu ».
Etrangement, on empreinte la piste pour arriver jusqu’au paddock… Bizarre ??? non pas du tout ! C’est tout à fait normal puisque comme va très justement me dire un officiel, on n’est pas sur un circuit mais sur une route de campagne fermée !!!
L’ambiance se dessine peu à peu, avec la tente de SAMUELLA qui s’envole à quelques dizaines de mètres, suivie à l’aspi de la notre !

Après une installation qui nous met en forme et de bonne humeur pour le week-end, une tente solidement rafistolée, je m’octroie quelques instants pour partir à la découverte du tracé en scooter.
Et oui, l’avantage de rouler sur de la route fermée, c’est qu’on a le droit de faire le tour en scooter le soir !!! (Il y a toujours un côté positif n’est-ce pas ?)



Le fait de rouler sur de la route fermée ne me dérange pas en soi si j’en accepte le défi comme le TT par exemple. La différence ici, c’est qu’on a pas le choix, si on veut courir l’ensemble du championnat et la route est petite, très petite… 4,50 mètres de large et 5 mètres au plus large…Pas assez de bottes de pailles pour tous les arbres, des entrées de maisons qui vont nous servir d’extension de piste, ça aurait pu être un mini TT, MAIS avec une 2ème voie de 4,50 mètres.
Le tracé comporte différents types de virages qui manquent eux aussi de quelques mètres de large pour être amusants.
Bon, il va falloir faire avec ces conditions très particulières pour un championnat de type « européen de vitesse sur circuit (en principe !) ».
Les garçons préparent miss DUCATE, qui est si jolie toute propre avec un carénage jaune et rouge flambant neuf !
J’ai bien peur que ce soit la seule fois du week-end que nous la voyons aussi belle, vu le bourbier dans lequel nous nous trouvons déjà, sans parler de celui qu’il va falloir traverser pour seulement accéder à la « prégrille »( ou on a droit aux tapis de caoutchouc pour ne pas s’enfoncer dans la terre juste avant de prendre la route).
J’ai une pensée pour LYVIA LANCELOT avec qui j’avais discuté des similitudes et différences sur nos disciplines respectives cross et vitesse ; lors de la remise des prix FIM l’hiver dernier.
Ben en fait, LYVIA, je sens beaucoup de similitudes entre nos 2 disciplines tout à coup… !!!

SAMEDI MATIN 9H10 : La découverte de la route se fait piano-piano car devinez , il pleut !
Les feuilles d’arbres recouvrant la route dans les passages en forêt calment les esprits trop optimistes du matin, je prends quelques repères de freinage. La suspension toute souple est particulièrement bien adaptée ; le braquet est un poil court, mais sur le mouillé c’est pas mal.
Première prise de contact dans mes objectifs, j’ai pris des repères pour tout à l’heure…
Le contrôle technique était on ne peut plus rapide : les freins marchent, pas de fuite apparente, ok pas besoin de démonter le carénage ; allez hop au suivant !
Nous devons mettre les transpondeurs pour la prochaine séance d’essais, pour avoir nos chronos.

2ème séance à 10H50 : Je gagne une bonne petite poignée de secondes sur cette route de MICKEY que j’apprends avec prudence.
Je suis en 2’17’3, derrière NINA PRINZ et PAOLA CAZZOLA, et devant SAMUELLA DE NARDI et ALESSIA POLITA, donc bon espoir de bonne baston sur un terrain, ou les chevaux peuvent être plus facilement compensés.
Nous nous échangeons quelques répliques au freinage, histoire de nous mettre dans le bain pour la course !
La séance se termine, YVES et FRED changent les pneus pluie pour des neufs, car nous ne voulions pas les utiliser pour les essais libres.
C’était assez amusant car l’arrière est un ancien pneu d’époque de la coupe DUCATI, mais la taille (165) de l’arrière est un peu short quand même. Le nouveau est un 180 alors pas de soucis.
J’ai une petite pensée pour XAVIER BOURGUIGNON qui s’est démené comme un diable pour me faire livrer mes pneus avant sculptés en V4 sur PARIS avant de partir, et il se trouve que pour l’instant je n’ai besoin que de pluies !

SAMEDI, 13H15 : C’est le speed dans la chaumière, la DUCATE ne démarre plus !
D’après YVES, le relais semble avoir pris l’humidité… Une opération rapide de démontage/séchage et ça redémarre, ouf !!!
Je pédale comme je peux dans la boue sur la petite DUCATE qui ne se plait pas du tout dans ce chemin digne d’un parcours de cross.
Fabienne et  Fred avec Lydia et Sharon en arrière-planOn redémarre à l’arrivée de la pré-grille, pas de soucis, elle répond.
Il y a du retard, donc on attend là, on ne va pas encore traverser le circuit de grass-track…
Bon ça y est les barrières d’accès s’ouvrent, les motos démarrent sauf…la mienne…Miss DUCATE fait la gueule, elle ne veut pas y aller !!!
Grosse montée de stress parce que c’est les qualifs, et qu’il faut ramener la moto à la tente pour pouvoir faire quelque chose et que c’est la mer de m…e qu’il faut traverser pour seulement arriver jusqu’à la tente !
J’aborde un pilote local en route qui me donne les coordonnées d‘un DUCATI store à 50mn d’ici, au cas ou, mais 50mn en voiture c’est trop loin à faire en scooter avec le risque de se perdre…
YVES parviens à faire repartir la moto mais il y a un faux contact quelque part, le coupe contact ne marche pas bien.
Bon, je pars quand même dans l’espoir de parvenir jusqu’à la piste.
Pour ça, je dois d’abord traverser la piste « grass-track » tout du long de la ligne droite des « stands » pour entrer dans le prochain virage. Après avoir trouvé l’accès entre les maisons (qui n’était absolument pas indiqué !) via un trottoir recouvert d’herbe et des rangées de boites aux lettres…j’arrive enfin à « l’accès à la route » !
Je m’efforce de longer la route hors trajectoire sur le côté gauche le temps de déposer un peu la boue, mais je dois très vite me rendre à l’évidence : la DUCATE fait vraiment un rejet, elle refuse de prendre des tours en ratatouillant grave, ça fait un peu comme des coupures d’allumage. Je fais un tour, m’arrête dans la voie des stands ou personne de l’équipe ne se trouve ; car on ne peut y accéder qu’en début de séance quand tout le monde traverse la route ! après c’est trop tard !
Je retente un tour, mais ça ne tourne pas rond, j’en retente un dernier et je rentre, ce n’est pas la peine.

J’ai le 10ème temps, on peut le regarder de 2 manières : pas mal avec une DUCATE en panne, ou comme je le vois moi : mortellement frustrant vu mes temps et ma position de ce matin. La trajectoire commençait juste à sécher, et maintenant il repleut.
On verra ce que ça donne tout à l’heure, essayons de rester zen, il n’y a rien d’autre à faire.

Pendant que les marchands de bottes et autres ponchos s’en mettent plein les fouilles, mes mécanos de chic et de choc s’affairent à opérer miss DUCATE pour la 2ème séance. Le retard se cumule et notre 2ème qualif est annoncée avec au moins 30 minutes de retard. Dommage, la route a séché sous quelques rayons de soleil (qui seront les seuls du week-end.). "..SHARON nous cuisine des toasts à la provençale pour remonter le moral des troupes. MERCI à toi SHARON,.."Le vent par contre souffle de plus en plus fort, et fini par nous ramener tous ses potes les nuages et… là c’est le ciel qui nous tombe sur la tête.
Rafales de vent, grêlons, pluie torrentielle donc pas de 2ème séance qualif…(Iris sera une des seule à la faire)
On va se réfugier sous la tente de nos très chères voisines LYDIA et SHARON, qui partagent nos emplacements de paddock depuis la saison dernière maintenant. SHARON nous cuisine des toasts à la provençale pour remonter le moral des troupes. MERCI à toi SHARON, j’ai pu manger autre chose que des mueslis et du lait grâce à toi ! Disons que la bouffe locale me repousse un peu : des steaks hachés cuits dans l’huile avec les frites, j’ai du mal…
Sur ce, un dodo de bonheur, il y a espoir que demain soit un jour meilleur !

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