retour accueil  ewcup CR EWCup: Sandrine Martin à Schleiz ...
le 25/08/ 2005


La troisième marche du bonheur !

Le circuit de Schleiz en Allemagne accueillait la finale du championnat d'Europe de vitesse féminin. 3e au classement général en 1000 cm3, Sandrine Martin était au rendez-vous pour défendre sa place sur le podium.

On attendait un final, une finale, dignes des meilleures pilotes européennes. Aujourd'hui leur réputation, leur ténacité, leur volonté pour entrer dans la cour des grandes ne sont plus à faire. Pour Sandrine Martin et Dominique Beauvais, toutes ces qualités ont été indispensables, pour y croire jusqu'au bout...


"Je n'aime pas ces circuits"


Comme pour les deux autres épreuves, la caravane jurassienne se met en route jeudi matin dès 6h30.
Schleiz est facilement à 3 à 4 heures de moins que Vallelunga ou Rijeka... le voyage est donc moins fatigant. Se joint au groupe trois petits nouveaux, Marinette la tantine de Sandrine, et Aimeric et Romain Beauvais les deux enfants de Dom. Aucun ne sera déçu du voyage!!!
Nous arrivons à Schleiz en fin d'après-midi, ce qui nous permet de régler les tracas administratifs habituels et de monter notre hôtel 4 étoiles.

les 4 françaises dans l'indispensable tour de reconnaissance du circuit à pieds (photo Mickey) de gàd, Lydia, Juline (une future championne), Fabienne, Francine et Sandrine. (photo Mickey) Sandrine avec Yam,  compagne indispensable du paddock (photo Mickey)


Vendredi, nous entrons très tôt dans le bain. Les premiers essais libres sont à 8h30.
Pendant 15 minutes, les 23 filles en piste doivent intégrer les premières sensations et les premières difficultés de ce circuit.
" Le circuit est très très rapide. J'ai failli me mettre au tas plusieurs fois. C'est bizarre, c'est comme une route au milieu des champs de maïs et de blé... j'aime pas ces circuits."
Sandrine ne semble pas très à l'aise. Son meilleur temps : 1'48 n'est pourtant pas si mal comparé à celui de Fabienne Migout 1'43. 4 à 5 secondes, c'est l'écart que l'on retrouvait déjà à Vallelunga ou Rijeka.
L'après-midi pour la deuxième manche d'essai libre, les choses se peaufineront sûrement.


Rien n'est jamais fini

13h30, deuxième essai libre...
et le premier tour permet d'afficher le sourire dans le camp Martin. La pilote vient de boucler en 1'45, déjà 3 secondes de mieux que le matin.
Et puis, et puis, Sandrine disparaît de la piste, les essais ne sont pas arrêtés, l'ambulance ne part pas... Même si le sourire n'est plus d'actualité, on pense simplement à une petite sortie de piste ou à un problème mécanique... nous sommes loin du compte.
La rentrée au paddock se fait aux pas de charge pour découvrir une Sandrine déjà arrivée... sur ses deux jambes mais effondrée.
La chute fut lourde et si les tonneaux n'ont pas trop amoché la pilote, la moto, elle, est dans un sale état.
"Jamais je n'ai ravagé une moto comme ça" dira Sandrine entre deux sanglots.
A ce moment-là du week-end, personne ne dira plus mot sur les chances de la pilote franc-comtoise à s'aligner sur la grille de départ.
Seul Dominique Beauvais affichera très clairement son point de vue : "Rien n'est jamais fini".


Solidaires jusqu'au bout de la nuit


La moto est fracassée et Sandrine est malgré tout bien touchée.

Francine venu réconforter Sandrine (photo Mickey)
Une bosse sur le front, les cervicales et les lombaires meurtries, le bassin et les fesses... ajouté à tout cela : un moral dans les chaussettes...

Toutes les pilotes françaises, Lydia Jean, Fabienne Migout et Francine Jacquet-Herfort passent lui remonter le moral, lui donner pommade et gellules d'arnica.

Elles lui font part aussi de leur peur... puisque Sandrine ne s'est relevée que deux tours après sa chute. Elles tentent aussi, compléter par le récit de spectateurs, de lui expliquer ce qui s'est passé. Pour Sandrine il est bien sûr important de comprendre son erreur.

Un des coachs italiens viendra lui dire qu'elle arrivait trop fort, trop vite et que la moto, après avoir mordu l'herbe, est partie en danseuse. "Et puis on est con dans ces moments-là, on tient la moto jusqu'à ce qu'elle nous éjecte."
C'est effectivement ce qui s'est produit.

C'est l'heure aussi du bilan mécanique : jante arrière méconnaissable, carénages out, réservoir cabossé, pots d'échappement complètement tordus, mais surtout boucle arrière cassée... c'est la seule pièce de rechange qui manque à Dominique.
A partir de là, la solidarité se met en route.
Fabian Herfort s'occupera pendant plusieurs heures des pots.
Fred, le copain de Fabienne sera au petit soin pour toute l'équipe Martin et donnera aussi le moral à Dominique en le conseillant et en l'aidant à remettre en état la moto.
la jante! et réparation des pots par Fabian

Moto qui part pendant quelques heures chez le concessionnaire Yamaha du coin, mais reviendra dans le même état : budget demandé trop lourd.
Dominique passera donc tout l'après-midi et la nuit à trouver des solutions.

La moto est fracassée... (photo Mickey) ..Dominique passera toute l'après-midi et la nuit à trouver des solutions. (photo Mickey)

Grâce aux side-caristes du paddock, il pourra fixer deux languettes de métal aux endroits mêmes où la boucle s'est cassée. A 20 h, quand Sandrine et sa garde rapprochée rentrent à l'hôtel 4 étoiles après avoir fait un tour de piste à pied, la boucle est rescellée... Le plus dur semble fait.
A 3 heures du matin, Dominique part se coucher et le lendemain 8h30, pour la première qualif, la moto est prête et la pilote un peu moins raide.


L'émotion et le bronze

Samedi 8H30
à nouveau, Sandrine s'élance à la fois soulager de repiloter sa moto, mais aussi stressée par ce circuit qui l'a mis à terre. Trois tours et la pilote rentre. "Je n'arrive pas à descendre la 3e. Laisse tomber, Dom, on rentre. Ca ne vaut pas le coup que je me remette au tas..."
Sandrine rentre à pied.
Dom part devant et se remet tout de suite au boulot. La chute de la veille à mis à mal la tige du sélecteur de la boite de vitesse : tordu.
Dom et Fred, venu une nouvelle fois à la rescousse, se rendent compte que les deux ventilateurs ne fonctionnent pas : voilés. "Je n'ai pas envie de faire la course diminué."
" Laisse tomber" lancera une dernière fois Sandrine à Dominique.
Une nouvelle fois, et ce sera toute la force de cette course, Dominique ne lâchera rien et demandra à sa pilote de valider les réparations: "et si ça tient, tu peux encore jouer les qualifs".
La tige du sélecteur remplacée, les deux ventilateurs ok... Sandrine se lance pour la deuxième qualif.
Ca passe, Sandrine Martin disputera sa finale et ce n'est que mérite et justice.

Dimanche,
le brouillard et l'humidité sont au rendez-vous et le warm-up est repoussé de deux heures.

Les pneus pluie ont été montés et seront démontés dans la foulée puisque le temps s'est levé et que la piste sèche à vitesse grand V.

12H45, pré-grille, les filles s'élancent pour un tour de chauffe.

warm-up sur piste trempée et brouillard (photo Mickey) Sandrine en prégrille, bientôt le départ pour le tour de chauffe (photo Mickey) dans moins d'une minute le départ pour le tour de chauffe (photo Mickey)..bientôt le départ pour le tour de chauffe (photo Mickey)


13 heures, c'est la course,
la dernière de ce tout premier championnat d'Europe.
Sandrine prend un excellent départ, le meilleur sans doute des trois épreuves.
Elle reprend confiance tour après tour, ne lâche rien de sa concentration ni de sa hargne.La volonté, cette fameuse volonté d'aller au
bout pour le podium. Et c'est le point levé qu'elle franchit la ligne d'arrivée !
Moments de soulagement, d'émotions et de bonheur intenses... Une intensité renforcée par les difficultés du week-end.
Sandrine termine 14e au scratch, 8e dans sa catégorie et surtout 3e au classement général de ce championnat d'Europe.

Que le bronze est beau et que le podium est mérité.

Sandrine N°50 poursuivie par sa concurrente directe Maria Grazia Vita N°19 (photo Mickey) Alessia sous le passage du drapeau, derrière Sandrine a tenu bon face à sa rivale (photo Mickey) Fabienne et Sandrine: l'émotion après la course...(photo Mickey)

Fabienne et Sandrine: même après la course, toujours s'expliquer, comprendre pour s'améliorer... (photo Mickey) la montée sur le podium.. (photo Mickey) Podium 1000 de l'EW's Cup 2005: 1ère Samuela De Nardi, 2ème à g Fabienne Migout et 3ème à d Sandrine Martin (photo Mickey) HEUREUSES ! (photo Mickey)



Merci

Un grand merci à tous ceux qui ont permis à Sandrine d'être sur ce podium en Allemagne : Fabienne et Fred, Lydia et Sharon, Francine et Fabian, aux Italiens pour les pneus, aux side-caristes pour la boucle, et Juju pas présent en Allemagne, mais d'un soutien permanent. Dom, bien sûr sans qui rien n'aurait été possible.
Et puis ceux, restés en France et ailleurs : SMS Racing pour ses conseils téléphoniques précieux, Manfred, les sponsors :
Apoma, Moto Chocs, Dafy Moto, Imprimerie Faguier, SEI Bourgogne.
Sans oublier la presse régionale franc-comtoise.
Merci à toi Claire, c'est grâce à toi que nous avons pu vivre ces moments européens.

Quant à toi Sandrine... La saison a été difficile, elle se termine sur un podium européen... quel bonheur tu nous a apporté.
Pour la suite, ne réfléchit pas trop. Les rêves sont accessibles à ceux qui s'en donnent les moyens ce n'est pas à toi que je vais apprendre cela. Alors, tu les trouveras et tu les réaliseras... La vie nous réserve bien des surprises... et ton Ange Gardien veille...

Isabelle Forboteaux.

Fabienne Migout, Sandrine Martin, Lydia Jean et Francine Jacquet-Herfort: chapeau Mesdames! (photo Mickey)