Depuis
2001, Anthony Bléton organise, au
milieu des vignes du Beaujolais,
le rendez-vous féminin de l'Enduro: l'Endurose .
Anthony Bleton est un vrai sportif, pratiquant entre autres, la plongé,
le parapente, ou le bi-cross.
Il a reçut très jeune le virus de la moto par son père
pour être aujourd'hui un amateur
passioné et chevronné d'enduro qui participe régulièrement
au championnat de France ou aux classiques comme le Trèfle Lorézien
ou les 6 jours de Brives la Gaillarde.
C'est aussi un organisateur qui aime partager cette passion à
travers des projets d'équipe notament avec Le Team Tout
Terrain Beaujolais qui représente une association
de Loi 1901 affiliée à la FFM et dont les membres sont
des enduristes expérimentés. le Team est épaulé
dans l'organisation
par Écolomoto, une association créée
en 1985 dans le but de défendre la liberté de rouler face
à la volonté des écologistes de créer des
zones interdites sur les monts du Beaujolais avec pour objectif de montrer
qu'on peut être motard et aimer la nature. (site Endurose).
Ce Team est l'organisation officiel de l'Endurose,
Anthony Bléton:
- Quelles ont été vos motivations pour créer
l'Endurose ?
Un jour sur une course, je ne saurais pas dire pourquoi, je me
suis aperçu que pas mal de filles qui étaient sur les
courses pour accompagner leur "mâle" étaient
très attirées par le fait de partir dans les bois, et
revenir couverts de boue avec tout un tas d'aventures à raconter
et plein de souvenirs dans la tête. Je me suis alors demandé
pourquoi ces filles qui révaient tellement de prendre notre place
ne passaient pas à l'acte. La réponse n'est pas difficile
à comprendre : quand on a fait un enduro une fois dans sa vie,
on s'aperçoit que cette discipline n'est pas conçue pour
les filles.
L'enDURo, c'est DUR, c'est très DUR, trop DUR.
Dès lors, pas surprenant qu'il n'y ait quasiment aucune fille
sur les compétitions, y compris les réputées faciles.
J'avais envie d'organiser un enduro à l'époque et je me
suis dit "Pourquoi pas faire plaisir à une population jusqu'alors
délaissée en organisant une course juste pour elle".
J'en ai parlé autour de moi, l'idée à séduit
et on a créé l'Endurose. Voilà, c'est tout simple.
-Quels
ont été les freins à ce projet ? Comment a-t-il
été reçut par le monde de la moto en France ?
Essentiellement des freins organisationnels liés à l'organisation
d'un enduro. Pas de freins particuliers si ce n'est que la presse
considére encore que les femmes représentent une sous-catégorie
médiatiquement. Ca progresse un peu mais tout doucement. J'ai
quelques articles mais il est malgré tout difficile d'attirer
des hordes de journalistes. Pourtant, il me semble que c'est un sujet
plutôt porteur...
-Quels
critères avez-vous pris pour réaliser le tracet de l'Endurose
?
Notre ligne de conduite n'a pas changé depuis le début
: deux boucles d'un total de 150 km de chemins roulants
mais dépaysants, des liaisons faciles et agréables,
pas de montées impossibles, pas de bourbiers, quelques difficultés
tout de même pour les souvenirs.
Ne surtout pas dire que c'est un parcours facile ! C'est un parcours
ADAPTÉ. Les filles en ressortent d'ailleurs souvent
assez éprouvées.
-
A-t-il été facile de trouver des partenaires et sponsors
?
Oui et non. C'est assez facile mais le fait que je ne sois pas
professionnel ne facilite pas les choses. Il faut pas mal se battre
pour chercher, négocier, encaisser et le fait de ne pas avoir
un temps fou à y consacrer complique un peu les affaires.
-
La 1ère année a été un véritable
succès, imaginiez-vous ce potentiel ?
A la vérité, oui : il me semblait qu'en allant chercher
sur la France et l'Europe, on devait trouver pas mal de volontaires.
Mais en revanche, je dois dire que la non progression du nombre de
participantes est un peu pour moi une déception.
La première année en 2001, nous avions
100 concurrentes, cette année en 2005 aussi.
Cela reste un mystère pour moi. Je pensais que l'idée
allait faire son chemin, progresser mais finalement, on s'aperçoit
que pas mal de filles testent la discipline et s'aperçoivent
parfois que finalement ce n'est pas leur truc.
Malgré tout, le niveau monte réellement et j'ai bon
espoir que sur le long terme, on ait finalement déclenché
quelque chose.
-
Quels sont en général les reflexions des participantes
sur cette épreuve, leur critiques ? leur enthousiasme ?
Elles sont en général assez enthousiastes, parfois très
fatiguées mais nous avons toujours beaucoup de remerciements
très chaleureux. Pas mal de filles attendent vraiment cette
course comme l'évènement de l'année. 2004 a été
pour nous à ce sujet un révélateur. L'annulation
de l'épreuve a vraiment déclenché des tonnes
d'encouragements à nous battre pour que l'épreuve continue
à vivre.
-
Percevez-vous une réelle différence entre les compétitrices
féminines et les pilotes masculins dans leur attitude sur une
compétition ?
L'ambiance est nettement plus sympa sur l'Endurose que sur un enduro
classique où les mecs sont nettement plus "dans la course"
et un peu plus là pour la gagne. Les filles sont contentes
d'être entre elles et ça se sent. Bien que cette année,
l'esprit de compétition a été un peu plus fort
que d'habitude, avec en particulier des réclamations auxquelles
on n'est pas trop habitué. Un signe que le niveau monte ?...
:-)
- Quelles
sont les qualités pour une fille pour réussir en enduro
?
Les mêmes que pour un mec : ténacité et motivation,
physique et endurance, pilotage rapide et sur.
-
Pourquoi l'Endurose n'a pas plusieurs épreuves
sur l'année ? ;o)
J'ai peur que plusieurs épreuves ne diluent encore plus le
nombre de participantes sur chacune des épreuves. Mais peut-être
me trompé-je...
- Cela
ne vous intéresserait pas de devenir un championnat nationale
féminin ?
Le problème est le doublon avec le championnat de France. Nous
aurions alors 2 championnes de France. Mais cela étant dit,
si la fédération poussait dans le sens d'un championnat
distinct, j'en serais ravi. Ce serait d'autant plus une bonne idée
que les épreuves de Championnat de France sont vraiment difficiles,
ce qui fait qu'il n'y a que quelques héroïnes : Ludivine
Puy, Alice Geneste en étant les plus
illustres. Quant aux autres, bien peu s'y risquent...
- Avez-vous
eu des contacts d'autres clubs régionaux ou internationaux
intéressés par le concept ?
Internationaux, oui. L'Italie me pousse dans ce sens. Pour commencer
sur un championnat qui commencerait par 2 épreuves
: France et Italie.
- J'ai lu sur votre site que votre ambition était
de devenir une épreuve européenne, souhaitez vous l'officialiser
?
C'est déjà officiel : nous sommes en Zone Union
Européenne et un quart des participantes sont des
Européennes. Mais j'aimerais aller plus loin : avoir des filles
d'Espagne, de Hollande, de Belgique, d'Allemagne, d'Angleterre, tous
les ans et régulièrement. D'où mon site web en
plusieurs langues. Mais pour l'instant, ça n'a pas vraiment
décollé. Pourquoi ? :-(
Une solution a trouver, cette épreuve mérite toute l'attention
des pilotes européennes et quel terrain de jeu !
Aujourd'hui l'Endurose c'est une fidélisation
des partenaires comme
Lazer, Afam, Gas Gas, Hebo, Axo, Dafy Moto, Ipone, sans compter les
nombreuses entreprises locales, mais aussi des maires d'une dizaine
de communes traversées par le parcours et d'une centaine de
bénévoles toujours disponibles pour organiser cet événement.
C'est aussi plus de 100 concurrentes qui représentent tous
les niveaux féminins de l'enduro avec une participation d'environ
15 % d'étrangères sur 5 nations à chaque édition
avec leurs meilleures représentantes (en 2004 est d'ailleurs
mis en place un trophée européen par équipes).
Médiatiquement c'est la couverture de l'évènement
par la quasi totalité de la presse spécialisée
et locale et par une chaîne satellite Motors TV.
Anthony Bléton
et toute son équipe ont rendu possible un beau projet qui est
amené à durer et nous l'espérons à se
développer comme ils le souhaitent et dans notre intérêt.
Parallèlement,
ce passionné a le rêve plus personnel et bien légitime
pour un enduriste de participer au Rallye Lisbonne-Dakar.. en attendant
, il met en place son propre projet Africain:" j'ai lancé
une opération pour pouvoir vivre une aventure avec tous mes
meilleurs amis (une autre association qui s'appelle les 12 Apôtres
de Bacchus). Ca s'appelle Opération Fous du Désert et
nous économisons chaque mois sur un compte commun pour partir
dans 4 ans. Tout le monde a signé des 2 mains et ce devrait
être vraiment 10 jours inoubliables."
Anthony Bléton,
pour vous l'important, c'est de " vivre ses rêves"
non ? ;o)
Retrouvez
le site de l'Endurose: www.enduro.org