PORTRAIT: ANTHONY BLETON ET L'ENDUROSE
17/01/06

Anthony Bléton et 2 concurrentes de l'Endurose (photo Sergio)Depuis 2001, Anthony Bléton organise, au milieu des vignes du Beaujolais, le rendez-vous féminin de l'Enduro: l'Endurose .

Anthony Bleton est un vrai sportif, pratiquant entre autres, la plongé, le parapente, ou le bi-cross.
Il a reçut très jeune le virus de la moto par son père pour être aujourd'hui un amateur passioné et chevronné d'enduro qui participe régulièrement au championnat de France ou aux classiques comme le Trèfle Lorézien ou les 6 jours de Brives la Gaillarde.
C'est aussi un organisateur qui aime partager cette passion à travers des projets d'équipe notament avec Le Team Tout Terrain Beaujolais qui représente une association de Loi 1901 affiliée à la FFM et dont les membres sont des enduristes expérimentés. le Team est épaulé dans l'organisationTeam Tout Terrain Beaujolais par Écolomoto, une association créée en 1985 dans le but de défendre la liberté de rouler face à la volonté des écologistes de créer des zones interdites sur les monts du Beaujolais avec pour objectif de montrer qu'on peut être motard et aimer la nature. (site Endurose).
Ce Team est l'organisation officiel de l'Endurose, Anthony Bléton:

- Quelles ont été vos motivations pour créer l'Endurose ?
Un jour sur une course, je ne saurais pas dire pourquoi, je me suis aperçu que pas mal de filles qui étaient sur les courses pour accompagner leur "mâle" étaient très attirées par le fait de partir dans les bois, et revenir couverts de boue avec tout un tas d'aventures à raconter et plein de souvenirs dans la tête. Je me suis alors demandé pourquoi ces filles qui révaient tellement de prendre notre place ne passaient pas à l'acte. La réponse n'est pas difficile à comprendre : quand on a fait un enduro une fois dans sa vie, on s'aperçoit que cette discipline n'est pas conçue pour les filles.
L'enDURo, c'est DUR, c'est très DUR, trop DUR.
Dès lors, pas surprenant qu'il n'y ait quasiment aucune fille sur les compétitions, y compris les réputées faciles.
J'avais envie d'organiser un enduro à l'époque et je me suis dit "Pourquoi pas faire plaisir à une population jusqu'alors délaissée en organisant une course juste pour elle". J'en ai parlé autour de moi, l'idée à séduit et on a créé l'Endurose. Voilà, c'est tout simple.

-Quels ont été les freins à ce projet ? Comment a-t-il été reçut par le monde de la moto en France ?
Essentiellement des freins organisationnels liés à l'organisation d'un enduro. Pas de freins particuliers si ce n'est que la presse considére encore que les femmes représentent une sous-catégorie médiatiquement. Ca progresse un peu mais tout doucement. J'ai quelques articles mais il est malgré tout difficile d'attirer des hordes de journalistes. Pourtant, il me semble que c'est un sujet plutôt porteur...

-Quels critères avez-vous pris pour réaliser le tracet de l'Endurose ?
Notre ligne de conduite n'a pas changé depuis le début : deux boucles d'un total de 150 km de chemins roulants mais dépaysants, des liaisons faciles et agréables, pas de montées impossibles, pas de bourbiers, quelques difficultés tout de même pour les souvenirs.
Ne surtout pas dire que c'est un parcours facile ! C'est un parcours ADAPTÉ. Les filles en ressortent d'ailleurs souvent assez éprouvées.

- A-t-il été facile de trouver des partenaires et sponsors ?
Oui et non. C'est assez facile mais le fait que je ne sois pas professionnel ne facilite pas les choses. Il faut pas mal se battre pour chercher, négocier, encaisser et le fait de ne pas avoir un temps fou à y consacrer complique un peu les affaires.

- La 1ère année a été un véritable succès, imaginiez-vous ce potentiel ?
A la vérité, oui : il me semblait qu'en allant chercher sur la France et l'Europe, on devait trouver pas mal de volontaires. Mais en revanche, je dois dire que la non progression du nombre de participantes est un peu pour moi une déception.
La première année en 2001, nous avions 100 concurrentes, cette année en 2005 aussi. Cela reste un mystère pour moi. Je pensais que l'idée allait faire son chemin, progresser mais finalement, on s'aperçoit que pas mal de filles testent la discipline et s'aperçoivent parfois que finalement ce n'est pas leur truc.
Malgré tout, le niveau monte réellement et j'ai bon espoir que sur le long terme, on ait finalement déclenché quelque chose.

- Quels sont en général les reflexions des participantes sur cette épreuve, leur critiques ? leur enthousiasme ?
Elles sont en général assez enthousiastes, parfois très fatiguées mais nous avons toujours beaucoup de remerciements très chaleureux. Pas mal de filles attendent vraiment cette course comme l'évènement de l'année. 2004 a été pour nous à ce sujet un révélateur. L'annulation de l'épreuve a vraiment déclenché des tonnes d'encouragements à nous battre pour que l'épreuve continue à vivre.

- Percevez-vous une réelle différence entre les compétitrices féminines et les pilotes masculins dans leur attitude sur une compétition ?
L'ambiance est nettement plus sympa sur l'Endurose que sur un enduro classique où les mecs sont nettement plus "dans la course" et un peu plus là pour la gagne. Les filles sont contentes d'être entre elles et ça se sent. Bien que cette année, l'esprit de compétition a été un peu plus fort que d'habitude, avec en particulier des réclamations auxquelles on n'est pas trop habitué. Un signe que le niveau monte ?... :-)

- Quelles sont les qualités pour une fille pour réussir en enduro ?
Les mêmes que pour un mec : ténacité et motivation, physique et endurance, pilotage rapide et sur.

- Pourquoi l'Endurose n'a pas plusieurs épreuves sur l'année ? ;o)
J'ai peur que plusieurs épreuves ne diluent encore plus le nombre de participantes sur chacune des épreuves. Mais peut-être me trompé-je...

- Cela ne vous intéresserait pas de devenir un championnat nationale féminin ?
Le problème est le doublon avec le championnat de France. Nous aurions alors 2 championnes de France. Mais cela étant dit, si la fédération poussait dans le sens d'un championnat distinct, j'en serais ravi. Ce serait d'autant plus une bonne idée que les épreuves de Championnat de France sont vraiment difficiles, ce qui fait qu'il n'y a que quelques héroïnes : Ludivine Puy, Alice Geneste en étant les plus illustres. Quant aux autres, bien peu s'y risquent...

- Avez-vous eu des contacts d'autres clubs régionaux ou internationaux intéressés par le concept ?
Internationaux, oui. L'Italie me pousse dans ce sens. Pour commencer sur un championnat qui commencerait par 2 épreuves : France et Italie.

- J'ai lu sur votre site que votre ambition était de devenir une épreuve européenne, souhaitez vous l'officialiser ?
C'est déjà officiel : nous sommes en Zone Union Européenne et un quart des participantes sont des Européennes. Mais j'aimerais aller plus loin : avoir des filles d'Espagne, de Hollande, de Belgique, d'Allemagne, d'Angleterre, tous les ans et régulièrement. D'où mon site web en plusieurs langues. Mais pour l'instant, ça n'a pas vraiment décollé. Pourquoi ? :-(

Une solution a trouver, cette épreuve mérite toute l'attention des pilotes européennes et quel terrain de jeu !

Aujourd'hui l'Endurose c'est une fidélisation des partenaires
comme Lazer, Afam, Gas Gas, Hebo, Axo, Dafy Moto, Ipone, sans compter les nombreuses entreprises locales, mais aussi des maires d'une dizaine de communes traversées par le parcours et d'une centaine de bénévoles toujours disponibles pour organiser cet événement.
C'est aussi plus de 100 concurrentes qui représentent tous les niveaux féminins de l'enduro avec une participation d'environ 15 % d'étrangères sur 5 nations à chaque édition avec leurs meilleures représentantes (en 2004 est d'ailleurs mis en place un trophée européen par équipes). Médiatiquement c'est la couverture de l'évènement par la quasi totalité de la presse spécialisée et locale et par une chaîne satellite Motors TV.


Anthony Bléton et toute son équipe ont rendu possible un beau projet qui est amené à durer et nous l'espérons à se développer comme ils le souhaitent et dans notre intérêt.

Opération Fous du Désert.Parallèlement, ce passionné a le rêve plus personnel et bien légitime pour un enduriste de participer au Rallye Lisbonne-Dakar.. en attendant , il met en place son propre projet Africain:" j'ai lancé une opération pour pouvoir vivre une aventure avec tous mes meilleurs amis (une autre association qui s'appelle les 12 Apôtres de Bacchus). Ca s'appelle Opération Fous du Désert et nous économisons chaque mois sur un compte commun pour partir dans 4 ans. Tout le monde a signé des 2 mains et ce devrait être vraiment 10 jours inoubliables."

Anthony Bléton, pour vous l'important, c'est de " vivre ses rêves" non ? ;o)


Anthony Bléton en action au Championnat de France Les ballade entre amis dans le désert des Bardenas en Espagne..,  ...

 

Retrouvez le site de l'Endurose: www.enduro.org L'ENDUROSE