FENETRE
SUR ... |
21/11/06 |
Le
pôle ressources national (PRN) "Sport, famille et pratiques
féminines" nous invite à faire connaissance avec des
compétitrices d'autres sports majoritairement masculins.
"Afin
de renforcer l’impact des mesures prises en faveur de la pratique
sportive féminine et de l’accès des femmes aux fonctions
de dirigeantes, le ministère de la jeunesse, des sports et de la
vie associative a décidé de créer un pôle ressources
national « Sport, famille et pratiques féminines
». Il a été mis en place effectivement au CREPS PACA
- Site d’Aix-en Provence début novembre 2005. Bilans, enquêtes,
croisements et rassemblement d'informations, évènements,
newletters, les actions de promotion de la femme dans le sport sont entre
leurs mains.
Afin de nous ouvrir sur d'autres disciplines en découvrant des
compétitrice ou éducatrice sportive oeuvrant elles aussi
dans des activités très majoritairement masculines: Erika
Huille, Championne du Monde de Boxe Française et Elodie
Rapuzzi - éducatrice sportive au Celtic, club de football
féminin à Marseille, voici, en grande partie, les interviews
et enquêtes de la 4ème Newsletter, du PRN .
Erika
HUILLE, championne de Savate boxe française.
Il
y a des exploits inattendus, des exploits médiatisés, des
exploits qui font rêver, d’autres qui nous appartiennent mais
qui ont la même origine : une envie d’atteindre un objectif,
ancrée au fond de soi, qui permet de se surpasser. Le mien, je
l’ai réalisé dans une discipline à laquelle
je voue une véritable passion, sentiment indispensable pour accepter
les nombreux sacrifices à faire pour réussir ; cette discipline
c’est la boxe française, parfois décrite comme l’escrime
des pieds et des poings. Pour moi, elle est surtout une formidable “école
de la vie”.
La
découverte
Née en 1983, dans une famille où réussite scolaire
et pratique du sport sont des valeurs importantes, j'ai été
initiée rapidement à une multitude de sports.
J’ai pratiqué la gymnastique acrobatique, l’équitation,
le tennis, le judo, et c'est finalement mon professeur d’E.P.S.,
mais aussi professeur de boxe française, qui a suggéré
à mes parents, de m'orienter vers ce sport, où mon trop
plein d'énergie pourrait être canalisé.
Mon aventure a donc commencé ce jour-là, où j'ai
pris mon courage à deux mains pour franchir, du haut de mes 9 ans,
la porte de cette salle de boxe. Ce lieu où sans le savoir, j'allais
passer des centaines d'heures à apprendre, transpirer, à
me surpasser, à me forger un bagage technique, mais également
une passion pour ce sport.
La
progression
Les mains gantées et les pieds chaussés, j'ai découvert
un milieu complètement inconnu pour moi.
Avec Christophe Franck, mon entraîneur, nous avons réalisé
un vrai travail d'équipe pour franchir les paliers les uns après
les autres. Glanant les titres de toutes les catégories de jeunes,
nous nous sommes attaqués ensuite aux compétitions adultes,
où j'ai décroché deux fois les titres de championne
de France et d'Europe.
Dans une logique de progression, j'ai intégré le C.R.E.P.S.
de Toulouse pour rejoindre le Pôle France et ses trois heures d'entrainement
quotidien, face à des garçons, peu enclins à se laisser
taper par une fille !
Les
femmes ont leur mot à dire
La difficulté pour une fille qui s'entraîne au combat, est
d'abord de lutter contre les clichés culturels (pourquoi la boxe
et pas la danse ?), puis de trouver les partenaires féminins d'entraînement.
Il faut donc s'imposer dans un milieu encore très masculin où
les écarts de force et de puissance doivent être contournés
par des stratégies et une gamme technique perfectionnées.
Les valeurs de dépassement de soi et de respect des autres prennent,
à ce moment précis, tout leur sens. Cette présence
féminine, dans les domaines réservés aux hommes,
est, malgré tout, de mieux en mieux acceptée.
L'exploit
En 2003, après douze ans d'entrainement sans relâche, je
me suis inscrite au championnat "Elite" qui regroupe les meilleures
combattantes de France. Débarquée des juniors et auréolée
du titre de championne de France, j'espérais passer plus d'un tour
dans ce monde de "grandes".
J'ai rencontré des adversaires puissantes, habiles, rapides, expérimentées,
que j’ai toutes toutes battues à l'unanimité des juges.
En demi-finale, j'étais opposée à la championne du
Monde 2001, dotée d'une puissance remarquable. J'ai usé
de mobilité et de rapidité pour sortir vainqueur de ce combat.
La finale constituait un symbole. J’étais face à la
championne de France et du Monde en
titre. Au regard de sa rapidité et de ses enchaînements précis,
nulle autre solution que d'imposer un combat physique pour éprouver
ses certitudes et imposer ma boxe.
Le résultat est tombé : victoire !
L'avenir
J'ai des rêves, et je me bats pour les réaliser. Dans mes
premières années de boxe, je m’étais fixé
l'objectif de remporter un titre mondial. Le 10 décembre 2005,
je viens d'être sacrée championne du monde (poids plume).
L’année prochaine, je change de catégorie et la concurrence
sera plus rude... Au delà du ring, j'ai choisi de préparer
un diplôme d'ingénieur en génie physique : je suis
admise à l'Institut national des sciences appliquées (I.N.S.A.)
de Toulouse. Pour avoir une chance de réussir sur les deux tableaux,études
et sport, j'ai dû quitter ma famille et mes amis à 17 ans
et il est, encore aujourd’hui, hors de question que je sacrifie
l'un pour l'autre.
Voici
une belle descritpion de la boxe française, tirée du http
://www.dailyjungle.com:
La Savate Boxe Française est un sport de combat qui utilise
les pieds et les poings pour frapper.
Souplesse, endurance, musculation, vitesse, agilité, esthétique;
la Boxe Française ne laisse rien de côté. Elle fait
travailler et vibrer l'ensemble du corps, mais également de l'esprit.
Sur le ring, l'on apprend d'abord le respect. Respect de l'autre, certes,
mais aussi respect de soi. C'est un sport qui encourage à se surpasser
à chaque entrainement ou compêtition. Affronter un adversaire,
c'est d'abord un combat avec soi même, avec son propre mental. La
Boxe Française renforce le psychique. Lorsque le corps commence
à faiblir, la force du caractère peut alors accomplir bien
des miracles.
Considérée comme un sport masculin, la Boxe Française
s'est aujourd'hui largement féminisée. Depuis 1990, les
statistiques de la Fédération Française de Savate
Boxe Française montrent que l'engouement féminin ne s'est
pas essoufflé...(site du Club de Cergy
ici)
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Elodie
RAPUZZI, éducatrice
sportive au Celtic, club de football féminin à Marseille.
Elodie Rapuzzi,
brevetée d’Etat qui encadre des footballeuses qui en imposent
par la qualité de leur jeu, répond à nos questions.
Pouvez-vous nous présenter votre club ?
Créé en 1970, le Celtic Féminin, compte aujourd’hui
150 licenciées. Le club engage cette année une équipe
en 2e division, une équipe en division d’honneur, deux équipes
réserve et des sections poussines, benjamines et cadettes.
Quelle est l’origine sociale des jeunes joueuses ?
Le club ne demande pas la profession des parents lors de l’inscription.
C’est souvent le père qui inscrit l’enfant, mais les
parents qui “ont peur de voir” leur fille se transformer en
garçon manqué sont de moins en moins nombreux.
Avez-vous des actions spécifiques en direction des quartiers
?
C’est même une volonté très forte du Club. Nous
organisons des stages qui sont pleins chaque année et développons
des actions en partenariat avec l’Education Nationale dans des quartiers
comme “le Frais Vallon” ou “le Bosquet”. Le Celtic
recrute de jeunes animatrices sur toute la ville de Marseille, conscient
que l’encadrement féminin facilite l’acceptation parentale.
Au
fil des ans, les filles sont-elles aussi assidues que les garçons
?
Je constate surtout une déperdition sensible vers 14/15 ans. Les
adolescentes ont alors d’autres préoccupations et ne veulent
plus autant s’investir, ce que je peux concevoir.
Alors, pourquoi certaines restent-elles ?
Elles trouvent une véritable reconnaissance et leur maîtrise
de la discipline les valorise.
Le plaisir perdure d’autant qu’elles sont très à
l’aise dans l’esprit de réussite propre aux sports
collectifs.
Selon vous, le football féminin est-il mieux reconnu qu’avant
?
On ne peut que déplorer le manque d’intérêt
médiatique pour les performances des footballeuses.
J’en veux pour preuve, cette tentative avortée de l’émission
Téléfoot qui a tenté de consacrer une dizaine de
minutes à ce sujet et qui a vite arrêté.
Je remarque aussi la petite place accordée dans la presse spécialisée
: les clubs féminins ont trop souvent un petit encart en dernière
page. Il existe pourtant quelques initiatives intéressantes comme
ce journal tout récent de football amateur “13 en foot”
qui a osé afficher un club féminin en première page
dans son numéro de lancement.
Votre équipe de D2 est entraînée par un homme. Est-il
obligé d’adapter ses méthodes parce qu’il s’adresse
à des filles ?
La mentalité est différente. Un garçon encaisse et
se tait. Une fille ne tolère pas l’agressivité. Il
faut faire preuve de diplomatie.
De plus l’esprit de compétition n’est pas systématiquement
présent contrairement aux garçons. Peut-être est-ce
un conditionnement lié à l’éducation ? Il est
hors de question par exemple de voir un entraîneur vociférer
en touche comme cela se fait pour les garçons.
Quant au terrain, l’entraînement physique n’est pas
le même alors que les acquisitions techniques sont identiques. La
mentalité des filles change aussi mais elles restent davantage
sensibles à une critique intelligente, charge à l’entraîneur
de trouver le juste milieu.
Quel
est l’avenir du football féminin ?
Je pense que la Fédération montre sa volonté de structurer
le football féminin mais qu’il y a encore un problème
de reconnaissance lié à l’inertie des mentalités.
Il faudrait plus d’informations et une meilleure image de la footballeuse.
Le football masculin doit être un peu bousculé au niveau
de l’emploi, des éducateurs et du niveau de responsabilité.
Il n’y a pas encore assez de femmes diplômées. Il y
a très peu de femmes entraîneurs par exemple. Il y a beaucoup
de clubs féminins mais beaucoup plus encore de sections, or la
mixité est encore un écueil. Au moindre souci, c’est
souvent la section féminine qui en fait les frais.
La mixité est idéale, mais reste à construire.
Souvent, nous avons l’impression “de faire pitié”
en arrivant sur le terrain. Puis au fur et à mesure du déroulement
du match, ce sentiment laisse place à la surprise puis au respect.
Propos
recueillis par Naîma Pouzat, Profession sport 13
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ETUDES:
La pratique sportive des jeunes
Plus des deux tiers des 12 -17 ans pratiquent un sport en plus des cours
d’éducation physique dispensés au collège ou
au lycée. La pratique sportive est plus fréquente chez les
garçons (77%) que chez les filles (60%), et ils en font plus souvent.
C’est dans les milieux sociaux les moins favorisés que les
jeunes font le moins de sport ; le phénomène étant
particulièrement marqué chez les filles. Quand le milieu
social s’élève, les filles sont plus nombreuses à
faire du sport, et en font plus fréquemment. D’ailleurs,
c’est le niveau de diplôme des parents qui constitue le facteur
déterminant de la pratique sportive et qui intervient dans le choix
du cursus scolaire. En effet, on constate qu’après 15 ans,
la pratique sportive varie en fonction de l’orientation scolaire
; les jeunes qui vont au lycée font plus de sport que les collégiens,
mais les élèves engagés dans des formations professionnelles
pratiquent moins que les autres jeunes de leur âge.
Avoir un père qui fait
du sport favorise la pratique sportive
Les enfants dont les parents pratiquent une activié sportive, font
du sport plus souvent que les autres (80% contre 60%). A niveau de diplôme
équivalent, avoir un père qui fait du sport favorise la
pratique pour les garçons comme pour les filles et réduit
l’écart entre les sexes. Cette différence est même
complètement gommée dès que la mère fait régulièrement
du sport.
L’influence d’un père sportif est tout aussi marquée
pour l’inscription en club et la possession d’une licence
: à niveau de revenu égal, les filles et les garçons,
dont le père pratique un sport, sont plus souvent inscrits en club
et licenciés.
Ainsi, quel que soit leur niveau de vie, les parents sportifs constituent
les meilleurs exemples pour inciter leurs filles comme leurs fils à
pratiquer en club.
Avoir
une mère qui travaille, aussi
Avoir une mère qui travaille favorise également la pratique
sportive, quelle que soit la situation professionnelle du père.
Les contraintes liées strictement à la configuration familiale
ne constituent donc pas forcémenent un frein à la pratique
sportive.
C’est davantage le niveau de revenu du foyer qui détermine
le taux de pratique des jeunes, reflétant ainsi les inégalités
sociales et culturelles dans l’accès à l’activité
sportive.
Les enfants de parents diplômés pratiquent davantage
Quand on tient compte de facteurs familiaux multiples (nombre de frères
et soeurs, parents divorcés ou séparés, niveau de
diplôme des parents, montant du revenu mensuel du foyer, situation
professionnelle de la mère...), il ressort clairement que la pratique
des jeunes est d’abord correlée au niveau de diplôme
des parents, et ensuite au montant du revenu du foyer.
En effet, dans les familles où aucun des parents n’est diplômé,
52% des jeunes font du sport, contre 83% quand l’un des parents
est diplômé du supérieur.
On constate également que le niveau de diplôme des parents
a un effet plus important pour la pratique sportive des filles, et ce
dès le baccalauréat.
Stat-Infos - novembre 2003 - M.J.S.V.A.
Site
du pôle
ressources national (PRN) "Sport, famille et pratiques féminines":
www.crepspaca.fr
Site officiel de la Fédération Française de SAVATE
boxe française et D.A.: www.ffsavate.com
Site Officiel de la Fédération Française de .Football:
www.fff.fr
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