Une
aventure que je ne suis pas prête d’oublier et qui n’arrive
pas qu’aux autres.
En ce qui
me concerne j’ai eu le bon réflexe et aussi beaucoup
de chance !
Comme tous les vendredi soir je rentre en Forêt Noire où
je vis après avoir passé la semaine sur mon lieu de
travail à 140km de distance.
Je choisi de prendre l’autoroute car je sens ma moto floue de
l’avant depuis le début de la semaine lors d’une
sortie en ville, et je ne veux pas prendre le risque d’endommager
d’avantage mes roulements de roues car c’est le diagnostic
qui me vient le premier à l’esprit. Ils ont en effet
80000km donc rien de surprenant.
En
Allemagne on peut rouler vite par endroit sans risque de
se faire flasher et le VFR est très agréable
même vu son grand age et kilométrage (14 ans et 171000km).
200km/h
reste donc dans le raisonnable et la circulation est très fluide.
Je reste
bloquée derrière 2 semi-remorques sur environ 2km, alors
dès que la voix est à nouveau libre, je reprends ma
vitesse de croisière.
Une belle
courbe, un œil sur le compteur juste pour voir, 200, tout roule,
la moto ne tremble pas, ne guidonne pas. Je suis donc rassurée
et pense déjà au barbecue qui m’attend ce soir
avec des amis.
Puis soudainement,
quelques secondes plus tard, un guidonnage violent
apparaît et je pense comprendre à la seconde que ma roue
vient de crevée.
Je suis sur la voix de gauche, personne dernière et personne
devant, les deux voix sont larges et me permettent de me concentrer
sur la tenue de la moto plutôt que de chercher à me rabattre
de suite.
Je coupe les gaz et je laisse la moto ralentir jusqu’à
l’arrêt total tout en essayant de la diriger vers le bas
coté.
Malheureusement le guidonnage s’accentue d’autant plus
que la moto ralentie et je ne sais toujours pas si je vais réussir
à finir sans tomber. Je n’ai jamais serré mon
VFR si fort avec les jambes tout en essayant de retenir le guidon
contre lequel je lutte de plus en plus difficilement (moi qui suis
si détendue habituellement au guidon !!!!).
Je perds
de plus en plus le contrôle de la direction et je décide
de porter mon regard très loin devant pour m’aider à
diriger ce qui est devenu indirigeable en criant « non,
non, non, non, non, non, non, non, non… » jusqu’à
ce que nous nous arrêtions ensemble sur ce qu’on ne peut
même pas appeler une bande d’arrêt d’urgence.
Je sors la béquille latérale et descends de la moto
lorsque les voitures et les deux poids lourds que je venais de doubler
me repassent à leur tour. Je béquille le VFR sur sa
centrale en allant puiser mes dernières forces.
Puis je
me baisse pour regarder mon pneu pour savoir s’il n’a
pas déjanté. A cet instant je réalise ce qui
vient réellement d’arriver et je cache aussitôt
le pneu sous le garde boue au cas ou les flics passent par là.

Je
m’assoie sur mon casque et j’appelle Sharon en lui disant
que ce soir on sera un peu en retard car elle doit venir me chercher
avec le camion et des gros bras de préférence.
Pendant ces deux heures d’attente j’ai eu le temps de
penser à beaucoup de chose, maintenant je ne partirai
plus à moto sans avoir tapé les pneus afin de savoir
s’ils ne sont pas défectueux !
Car même
si mon expérience à moto m’a aidé à
gérer la situation, il y a des signes qu’on doit savoir
interpréter lorsque l’enveloppe intérieure du
pneu vient de se fendre. Je les avais sentis mais pas compris, et
c’est peut-être parce que ce genre d’expérience
a peu de narrateur qu’elle ne fait pas partie des choses qu’on
peut raconter avec le sourire tout en sachant mettre en garde le motard
lambda.
Geargirl
#56